Découvrez Marc Saada, auteur jeunesse à Lamballe et éditeur sous le nom papimoto : des livres illustrés, autoédités et ancrés en Bretagne.
À la rencontre de nos créateurs et producteurs locaux
Rencontre avec Marc Saada – papimoto, auteur jeunesse à Lamballe
Auteur jeunesse et éditeur de ses propres ouvrages, Marc Saada imagine depuis toujours des histoires pour les enfants, avec un attachement fort au local, aux rencontres et à l’indépendance.
À Lamballe, dans les Côtes-d’Armor, Marc Saada écrit des histoires pour la jeunesse sous son nom d’auteur, tandis que papimoto est son nom d’éditeur.
Son goût pour les histoires remonte à l’enfance. Devenu père, il s’est mis à écrire les récits qu’il inventait pour sa fille afin de pouvoir les raconter encore et encore. Une rencontre avec une peintre portraitiste, qui rêvait d’illustrer une histoire pour enfants, donnera ensuite naissance à son premier livre au début des années 2000.
Depuis, les ouvrages se sont succédé, avec toujours la même envie : écrire pour les enfants, rencontrer les lecteurs et lectrices, travailler avec des illustrateurs locaux et garder la liberté de ses choix grâce à l’autoédition.
Son histoire et son parcours
D’où vient votre goût pour les histoires ?
Ma mère, évoquant mon enfance, me disait récemment ‘‘déjà tout petit, quand tu racontais quelque chose, tu inventais des situations abracadabrantes…et parfois c’était embêtant parce qu’on ne savait jamais ce qu’on devait croire’’… C’est dire que mon plaisir à inventer des histoires ne date pas d’aujourd’hui. Plus tard, devenu papa d’une petite fille, j’avais une bonne raison d’en inventer. Pour lui raconter la même version plusieurs fois, il m’a fallu les écrire. C’est pourquoi j’ai commencé à écrire des histoires.
Comment est né votre premier livre ?
A aucun moment je n’avais envisagé que ces histoires deviennent des livres. Mais les hasards de la vie… m’ont fait croiser un jour le chemin d’une peintre portraitiste m’avouant que son rêve secret aurait été d’illustrer une histoire pour enfants… Des histoires ? J’en avais plus qu’elle n’avait rêvé d’en illustrer !
C’est ainsi que mon premier livre, ‘‘Nounours’’ est né en 2001 ou 2002. Des parents ont aimé raconter cette histoire et des enfants ont aimé l’écouter, alors j’ai continué. D’autres livres ont suivi, plus aboutis, mieux illustrés, par d’autres illustrateurs/trices, appréciés par d’autres enfants et d’autres parents me disant leur plaisir à les raconter, ce qui m’a donné envie d’en faire d’autres encore… et parfois même des enseignants, psychologues scolaires, orthophonistes… m’avouant utiliser mes histoires dans leur pratique professionnelle.
Qu’est-ce qui vous touche particulièrement dans ce parcours ?
Depuis ce temps… je rencontre parfois des adultes qui me racontent, émus, leurs premiers plaisirs d’enfants à écouter des histoires qui étaient mes histoires… séquence émotion !
Pourquoi avoir choisi de travailler localement ?
Pour être complet, mon plaisir d’écrire devait s’accompagner de celui de rencontrer ceux pour qui j’écrivais, donc il m’est apparu évident de faire local, pour l’illustration, l’impression et la distribution. Faire local fut au début une facilité, très vite c’est devenu une identité puis une fierté. Je suis l’auteur jeunesse ‘‘du coin’’ !
Qu’est-ce qui vous a donné envie de rejoindre Le Bon et Beau du Coin ?
Alors quand j’ai découvert ‘‘Le bon et beau du coin’’, forcément pour moi ça avait du sens.

Son univers et son métier d’auteur-éditeur
Avez-vous cherché à toucher un public plus large ?
Je n’ai jamais cherché une ‘‘audience’’ plus large, mais je n’ai pas boudé mon plaisir quand elle est venue, sans que je sache par quel chemin. Une fois par la radio nationale quand une animatrice a souhaité lire à l’antenne certains de mes textes. Une autre fois quand la Fondation Ronald Mcdonald m’a commandé des histoires destinées à rassurer des enfants hospitalisés ou quand un établissement scolaire m’a demandé l’autorisation d’utiliser certaines histoires comme support d’illustration pour les élèves préparant un diplôme de communication graphique.
Quel est votre livre préféré ?
Quand on me demande lequel de mes livres je préfère, par une pirouette je réponds, le prochain ! Ce n’est pas seulement une pirouette, c’est mon envie de croire que le prochain sera encore meilleur que les précédents. Mais j’avoue un attachement ‘‘spécial’’ à certains de mes livres, singuliers parce qu’ils portent une histoire particulière, d’inspiration, d’émotion, de circonstance, de rencontre…
Un ouvrage auquel vous êtes particulièrement attaché ?
Par exemple ‘‘Le livre des boutchous’’ : il s’adresse aux tout petits (2/5 ans), il est fait de 20 petites histoires-comptines écrites en jouant sur les sons des mots, autant que sur le sens, ce qui le rend adapté même aux tout petits qui, même s’ils ne comprennent pas le ‘‘sens’’, seront sensibles à la ‘‘musique’’. Il est de plus très joliment illustré par Alexia Cochin. Il est composé des 18 meilleures histoires tirées de trois livres précédents, auxquelles j’ai ajouté deux nouvelles histoires. Je le trouve très abouti, je ne suis pas le seul. Il plait beaucoup aux parents et grands-parents dont j’ai des retours élogieux. Il a aussi la faveur des professionnels, orthophonistes et enseignants. Sur un salon, l’été dernier, un professeur de linguistique d’une université du sud de la France, est tombé en amour pour ce livre et en a acquis quelques exemplaires pour support de travail avec ses étudiants. Comment aurais-je pu imaginer ce partage ? Et pourtant, en matière d’imagination…
Vous êtes aussi votre propre éditeur : qu’est-ce que cela implique ?
Je suis obligé de parler de ma deuxième casquette, celle de l’éditeur, puisque je publie mes livres en autoédition. Elle m’amène à faire des choix, l’illustrateur (trice), le format, le nombre de pages, la présentation, la police de caractère, le nombre d’exemplaires, le prix etc. Je suis un peu musicien et chef d’orchestre.
Qu’est-ce que l’autoédition vous apporte ?
Etre mon propre éditeur me donne la liberté et l’indépendance de mes choix. Ce statut a aussi des inconvénients, en premier, l’obligation de pourvoir à la diffusion de mes livres. Il me ferme la porte de certains salons du livre, qui exigent à leurs exposants d’avoir un ‘‘vrai’’ éditeur, et celle de librairies que mes livres n’intéressent pas : ‘‘ on ne cherche pas des bons livres, on veut des livres qui se vendent bien’’.
Comment transformez-vous cette contrainte en avantage ?
Je fais de cette ‘‘faiblesse’’ un argument de vente auprès de mes clients venus d’autres départements : Vous ne risquez pas de vous entende dire ‘‘ il ou elle l’a déjà !’’
Quelques questions à l’auteur

Ce que vous préférez dans votre activité ?
Mon plaisir d’écrire devait s’accompagner de celui de rencontrer ceux pour qui j’écrivais.
Ce qui rend vos livres particuliers ?
Faire local fut au début une facilité, très vite c’est devenu une identité puis une fierté. Je suis l’auteur jeunesse ‘‘du coin’’ !
Ce qui vous rend le plus fier ?
Depuis ce temps… je rencontre parfois des adultes qui me racontent, émus, leurs premiers plaisirs d’enfants à écouter des histoires qui étaient mes histoires… séquence émotion !
Le plus difficile ?
Ce statut a aussi des inconvénients, en premier, l’obligation de pourvoir à la diffusion de mes livres. Il me ferme la porte de certains salons du livre, qui exigent à leurs exposants d’avoir un ‘‘vrai’’ éditeur, et celle de librairies que mes livres n’intéressent pas.
Une petite anecdote ?
Sur un salon, l’été dernier, un professeur de linguistique d’une université du sud de la France, est tombé en amour pour ‘‘Le livre des boutchous’’ et en a acquis quelques exemplaires pour support de travail avec ses étudiants. Comment aurais-je pu imaginer ce partage ? Et pourtant, en matière d’imagination…
« Quand on me demande lequel de mes livres je préfère, par une pirouette je réponds : le prochain ! »
Un dernier mot pour les visiteurs du Bon et Beau du Coin ?
A vous, visiteurs du Beau et Bon du Coin, de faire découvrir mes livres à vos enfants, j’espère qu’ils leur plairont.